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Le 10 mai 1871 est signé à Francfort le traité qui rattache l’Alsace et la Lorraine à l’Empire allemand, et qui oblige la France à verser une très lourde indemnité de guerre. Cet événement, contemporain de la Commune, a marqué profondément et durablement la mémoire de la nation française. Il fut vécu comme un tournant vers une Europe où l’Allemagne serait prépondérante, dans un système international rabaissant la France à un rôle secondaire, non conforme à sa puissance effective.

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Galerie présentée par Christian Amalvi

Dans l’Est de la France, de nombreux monuments commémoratifs rappellent la douleur de l’amputation de 1871 et constituent autant de lieux de pèlerinage, notamment celui de Mars-la-Tour, où le 16 août 1870, se déroula une sanglante bataille. Situé à moins d’un kilomètre de la frontière franco-allemande, la commune de Mars-la-Tour vit se dérouler chaque année, entre 1871 et 1914, à la date du 16 août, d’importantes cérémonies commémoratives rassemblant des habitants venus des territoires français et allemands.
Tandis que l’imprimerie fondée en 1796 à Épinal par Jean-Charles Pellerin diffuse massivement des images populaires, dites Images d’Épinal, les gravures de Gustave Doré, né à Strasbourg en 1832, illustrent la Bible, les Contes de Charles Perrault ou encore les Fables de la Fontaine, évoquant avec sensibilité traditions populaires et sublimes paysages d’Alsace.
À Nancy, devant le temple protestant, on inaugure en 1899 le Souvenir, groupe en bronze de Paul Dubois, qui représente une Alsacienne et une Lorraine, en costume régional, qui se consolent mutuellement.
Auguste Bartholdi (Colmar, 1834 – Paris, 1904) a multiplié, dans l’espace public, d’imposants témoignages de son attachement à une Alsace indéfectiblement française : en 1880, le Lion de Belfort ne célèbre pas seulement l’héroïsme des défenseurs de Belfort en 1870, mais constitue aussi, selon Bartholdi lui-même, « un hommage au patriotisme alsacien. » 
Sur les cartes de France accrochées dans les classes des écoles primaires, l’Alsace-Lorraine apparaît en gris, comme si, sur le plan topographique, les deux régions arrachées à la France par le traité de Francfort n’étaient pas tout à fait rattachées au Reich.
Les ouvrages de Hansi sont, sur le plan graphique, magnifiques, mais donnent de l’Alsace une image lisse, immuable, quasiment intemporelle.
©Gallica - BnF">
La coiffe : le grand nœud noir en forme de papillon d’un terroir situé entre Geispolsheim et Brumath, non loin de Strasbourg, est métamorphosé, dans l’iconographie française, en image emblématique de l’Alsace elle-même.
La cathédrale de Strasbourg incarne désormais par sa puissance monumentale élancée dans le ciel, la permanence du génie alsacien à travers les âges et la résistance inflexible de la région à l’injustice de l’annexion.
Le colombage : ignoré avant 1870, il représente, après 1870, l’architecture alsacienne dans sa continuité immuable, et, à l’exposition universelle de Paris en 1900, résume le village alsacien par excellence.
La cigogne constitue le vivant concept de fidélité, une mascotte populaire que l’on oppose tacitement à l’orgueilleux aigle impérial du Reich, un rapace qui a planté ses griffes sur l’Alsace.
La choucroute : avant 1870, réputée nourriture des pauvres, elle était méprisée, après 1870, elle est promue mets patriotique et se consomme dans les brasseries de la gare de l’Est comme aliment de la Revanche à venir.
Le 6 décembre 1903, à l’occasion d’un grand discours prononcé par Jean Jaurès à la tribune du Parlement en faveur du désarmement, le supplément illustré du Petit Journal, un quotidien populaire à fort tirage, publie une gravure très critique à l’égard du tribun socialiste.
Cinquante ans après le traité de Francfort, au moment où l’Alsace redevient française, le peintre représente rétrospectivement la brutalité de Bismarck à l’égard de l’Alsace, symbolisée sur le tableau par une jeune Alsacienne en costume traditionnel sous les protestations de Gambetta et de généraux français.
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