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Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage…

Cet alexandrin, le plus cité de l’œuvre de Joachim Du Bellay, chante dans toutes les mémoires. Le doit-il à sa perfection rythmique ? À son allure sentencieuse ? À la référence au plus populaire des héros de la mythologie grecque ? Ou encore à ses derniers mots, invitation au voyage et à la rêverie ? Né en Anjou vers 1522, Du Bellay appartint, avec Ronsard, Baïf et Peletier, à l’illustre constellation de poètes novateurs désignée aujourd’hui sous le nom de Pléiade. Avec La Défense et illustration de la langue française, il signa l’audacieux manifeste de cette avant-garde. En cultivant le beau français de la Renaissance, idiome encore en devenir mais qui n’avait pour lui rien à envier au grec, au latin ou à l’italien, les vers de Du Bellay illustrent une langue que le poète aima passionnément : la nôtre.

Par Jean Vignes, professeur de littérature française de la Renaissance à l’Université Paris Cité
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Du Bellay, Rome et l’Anjou

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