Marcel Pagnol et le cinéma

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Article d'Andrée Tudesque, docteure en langue et littérature françaises, diplômée en sciences de l'éducation


La vie et l’œuvre de Marcel Pagnol ressemblent à une polyphonie complète. Grand admirateur des auteurs classiques, l’auteur de la traduction des Bucoliques considérait le cinéma comme la forme presque parfaite, et peut-être définitive de l’écriture.

La littérature des grands sentiments combinée avec le respect des traditions littéraires, a donné naissance à une œuvre ancrée dans la réalité de son époque et ouverte sur l’Universel.

La disparition de Marcel Pagnol que cette année 2024 célèbre a légué à la littérature française son sens et son amour de la langue ainsi que sa perception particulière de l’Histoire.

L’auteur qui s’est trouvé au croisement du théâtre et du cinéma à été créateur dans les deux genres et constitue, à ce titre, une exception comme avant-gardiste de l’interprétation filmée de ses œuvres aux débuts contestés par ses aînés dans l’histoire de l’évolution du cinéma muet au cinéma parlant. L’auteur s’appuie sur les images, la parole, le mouvement et la musique.

A l’instar de Molière qui faisait découvrir ses créations sur scène aux moins nantis, il fait connaître ses pièces de théâtre au cinéma à un public appartenant au monde des petits travailleurs de Marseille qu’il ne fustige pas, mais qu’il dépeint avec beaucoup d’amour et d’humour, un public alors éloigné du Théâtre. Ainsi, Marcel Pagnol adapte avec bonheur ses pièces telles que Marius (1931), Topaze (1932), Fanny (1932), César (1936), Topaze (1936), La femme de boulanger d’après Jean Giono (1938), La belle meunière (1948), La fille du puisatier (1949), Manon des sources (1952) au cinéma. Ce sont ses premières créations filmiques gorgées d’authenticité et de vérité, accompagnés de la musique d’Arthur Honegger.

Pour Marcel Pagnol le cinéma doit être au service de son art dramatique. Son œuvre théâtrale dans laquelle la musique est toujours présente et le langage poétique et intimiste de ses souvenirs ont le reflet et les odeurs du Sud car l’auteur est profondément enraciné dans le terroir et la culture provençale.

L’adaptation de ses pièces de théâtre au cinéma se fera sans heurts parce que les acteurs fidèles de Marcel Pagnol seront les mêmes au cinéma.

Ainsi, Marcel Pagnol est l’un des premiers dramaturges à avoir été inspiré par la découverte du cinéma parlant qu’il considère comme un support précieux pour une plus grande diffusion de l’œuvre théâtrale.

 

À lire :

Brett Bowles, Marcel Pagnol, Manchester University Press, coll., « French Film directors », 2012

Claude Beylie, Marcel Pagnol ou le cinéma en liberté, Édition de Fallois, Paris, 1995

Andrée Tudesque, Marcel Pagnol, Aspects bucoliques, poétiques et classiques de son œuvre, Aix en Provence, 2018

 

 

Crédits images : 

Illustration de l’article : Tournage de Manon des sources de Marcel Pagnol © Collection privée de la famille Pagnol

Illustration de la bibliographie : Pochette d’un disque 33 tours, illustrée à partir d’une photographie du film Fanny de Marcel Pagnol © Collection privée d’Andrée Tudesque

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